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Média : Waxx Music
Ecrit par Frédéric Fahy - Date : 25/10/2007
Rencontre avec un des nouveaux espoirs de la chanson française, Ben Ricour.

Comment es-tu devenu chanteur ?

Avant d’être chanteur j’étais guitariste et comme beaucoup de guitaristes, j’ai été électrisé en écoutant Jimi Hendrix. J’ai aussi été influencé par The Cure et par leur imaginaire. Ces artistes ont représenté des passages importants, des révélations, des points de départ. Le chant est spécial. Je commence à me faire à l’idée que je suis un chanteur parce que je chante et que j’y prends plaisir. Mais je suis devenu chanteur parce que je composais. Étant autodidacte, je ne trouvais personne qui voulait chanter mes morceaux et qui pouvait le faire comme je l’entendais. Au début, j’étais choriste dans des groupes puis je me suis mis à écrire des textes et je me suis lancé. Je suis plus un guitariste-chanteur. Je chante quand je prends une guitare mais’est l’instrument qui influe le chant et me met dans une certaine énergie.

Qu’est-ce qui t’attire dans la chanson française ?

C’est la langue. J’ai fait beaucoup de reprises et de compos en anglais parce que cela sonne et c’est plus musical que la langue française. Mais à un moment, j’ai écouté Brel, Brassens, Souchon et j’ai été séduit à l’idée que les gens allaient comprendre mes textes si je chantais en français. C’est un désir simple mais en même temps il faut savoir s’approprier la langue française. Chacun a sa manière, et son style de chanson. Toutes ces années où je composais des albums autoproduits étaient une recherche jusqu’au jour où j’ai trouvé ma manière d’exprimer les choses et les sujets que je voulais aborder. J’essaie de faire une musique intemporelle et je ne prends pas les modes en considération. Je suis un chemin. J’ai eu la chance d’être nommé « ministre du temps qui passe » par Jacques Higelin dans son gouvernement après une Fête de la Musique. D’album en album, j’essaie d’écrire plus et de trouver de la vérité dans ce que je dis et une force dans mes textes. Un album, c’est poser de la vérité à jamais.

Dans quel état d’esprit as-tu composé ce nouvel opus ?

C’était un besoin. J’étais en pleine tournée du premier album « L’Aventure » et la composition et l’envie d’écrire de nouvelles choses est arrivée naturellement. La maison de disques m’a dit que ce serait bien de faire un album rapidement pour que la trace que j’avais laissée ne retombe pas. J’ai accepté parce que c’était un besoin. En trois ans, avec tout ce que j’ai vécu de concerts, de voyages, de tournées au Québec, les mots étaient au bout de la langue et les accords au bout des doigts. C’était un challenge. Ma priorité est devenue d’écrire des choses urbaines. Cet album met en scène un personnage qui vit en ville et tente de mettre un peu de poésie et de surréalisme dans le quotidien. Dans « 5 Minutes », on retrouve la Tour Eiffel et un Paris vertigineux. Ce sont toutes des chansons-scénarios empreintes de vérité.
Il y une atmosphère tranquille qui émane de l’album. À l’heure où les artistes confient leurs problèmes existentiels, tu sembles au-dessus de tout cela.
Même si j’essayais de déballer mes problèmes et d’être larmoyant, je n’y arriverais pas. J’ai besoin de positif pour chanter et composer. Si je n’ai pas la banane, mon message ne passe pas. Cela vient naturellement, je ne peux pas le contourner. Il y a toujours un peu d’espoir dans mes chansons. On a mastérisé le disque à Londres au mois de juin. Le premier single s’appelle « L’Heure d’Hiver » et l’album sort le 29 octobre alors que l’on passe à l’heure d’hiver le 28. C’est du marketing imprévu et je suis toujours très friand de ce genre de phénomène.

Cet album est plus rock que le premier, notamment le titre « Scuse moi ».

Quand je faisais de la guitare dans des groupes au collège, j’avais trente chansons comme « Scuse moi ». Je jouais à fond la caisse. J’avais une rage et une énergie débordantes à cet âge-là. Quand on est sur scène, l’énergie du public fait qu’on peut décupler ses forces. Quand je me lève le matin et prends ma guitare, ce n’est pas la première chanson que je chante mais je sais que sur scène avec l’énergie que tu prends cette chanson passera impeccablement. Sur le premier album, c’était du bricolage. On avait investi un appartement dans lequel on avait ramené des machines. J’avais beaucoup de temps pour le faire et aucune pression. Là, c’était le contraire. J’avais beaucoup moins de temps mais j’étais dans un vrai studio avec une super équipe donc je voulais un album plus urgent. Le premier était posé et assez doux. Avec ne nouvel album, je reviens à mes sources. Le côté plus rock sera amplifié sur scène ainsi que et le sentiment d’urgence présent dans toutes les chansons. Chaque titre a été enregistré avec la batterie, la guitare et voix en live. Même le chant est très différent du premier album. Sur un morceau comme « Mon Image » il y a une vraie colère. Si tu n’as pas cette vraie colère en toi, rien ne sort. Il fallait vraiment expulser le chant.

Quelle importance accordes-tu aux paroles ?

Je crois que pour qu’un album soit agréable à écouter il faut toujours penser à simplifier. J’épure les choses. J’essaie que la musique ne l’emporte pas sur les paroles et vice versa. Cela m’ennuierait d’avoir l’image d’un chanteur à texte qui fait de la variét ou d’un mec qui fait de superbes mises en place mais des textes nuls. J’essaie d’équilibrer musique et mots de façon à faire un tout. Il n’y a pas de recette. Parfois je commence à composer la musique, parfois les mots. Ce qui importe c’est qu’il y ait une égalité et une cohérence entre les deux.

Penses-tu souvent aux endroits où les gens écoutent ton album ?

J’aime écouter de la musique dans mon salon ou en voiture et monter le volume pour prendre toute l’émotion et la musicalité. En studio, je prenais des morceaux et je les écoutais en conduisant ou chez moi pour voir s’ils passaient. On a fait cela avec Olivier Lude qui a mixé l’album. Je pense à la réaction des gens mais comme c’est difficile de plaire à tout le monde, je sais ce que les fans du premier album attendent et j’essaie aussi d’évoluer et de m’inspirer du moment. Cet album est très frais parce que je n’avais pas tellement de chansons en stock et la plupart ont été écrites sur le moment. Sauf « Mammifère » qui existe depuis huit ans.
Que signifient les paroles de cette chanson ?
C’est une petite fable. Un personnage en rencontre d’autres. Il y a Dame Nature qui fait ses confitures et un éléphant. L’idée est compliquée malgré la simplicité de la chanson. Je voulais comparer un éléphant venu tout droit de la préhistoire à l’homme d’aujourd’hui qui a besoin de choses matérielles. Le monde que l’on a sophistiqué peut encore être poussé plus loin. Comme l’idée était compliquée, Pierre Grillet et moi l’avons transformée en une fable. J’avais envie que cette chanson plaise aux enfants. Il y a un côté Robinson Crusoé qui cherche à s’inventer une nouvelle vie, seul sur son île déserte.

Tu parles beaucoup de nature. Quels sont les sujets qui te touchent particulièrement ?

Plus j’avance dans la vie, plus je me sens responsable. Je suis de plus en plus écolo. Je ne suis certainement pas le meilleur exemple, mais si je peux faire des choses pour la nature ça me plaît. J’aimerais qu’on ait un jour férié consacré à l’environnement. Cela pourrait marcher parce que je pense que les gens s’inquiètent tous du réchauffement climatique et de a disparition de certaines espèces de la surface du globe. Les gens en ont aussi marre de pollue et l’idée des Vélib à Paris. Si j’ai l’opportunité d’aider la planète en chantant, je n’hésiterais pas.

Qui a conçu la pochette de l’album ?

Le photographe Jean-Yves Lemoigne. Quand on l’a rencontré, je lui ai fait écouter quatre chansons. Il m’a parlé d’ombre végétale. Dans le livret de l’album, on peut voir l’ombre végétale qui nous poursuit dans une cuisine et dans d’autres lieux. L’idée m’a séduite car elle était simple et correspondait à mon côté nature. Si on écoute mon album, on apprend davantage qu’à travers ce que je raconte parce que je ne suis pas très bavard dans la vie. Quand je chante, je n’hésite pas à parler de choses qui me touchent comme pour m’en exorciser.
Tu as composé des chansons pour Olivia Ruiz. Comment travailles-tu avec d’autres artistes ?

Écrire pour soi et pour quelqu’un d’autre sont deux métiers différents. Quand j’écris pour une autre personne, je mets mon univers de côté. Il faut s’effacer et construire quelque chose qui colle a la peau de l’artiste comme un habit. J’adore la musique espagnole flamenco ou rock alternatif. J’ai toujours voulu collaborer avec une Espagnole. Du coup, ça a tout de suite collé avec Olivia. À cette période, elle terminait la tournée du premier album et était un peu angoissée et dispersée. Elle a écrit le texte et j’ai collé une mélodie dessus.

Tu as aussi travaillé avec Michaël Furnon (Mickey 3D). Vous semblez avoir des univers très différents…

Nous avons chacun des univers définis mais j’adore sa manière d’écrire. Il laisse toujours parler l’imaginaire Nous avons de nombreux points communs. Il a aussi découvert la musique et la guitare en écoutant The Cure. Nous avons écrit « Sors de l’ombre » sur Internet. Je lui ai d’abord envoyé un titre qui ne lui correspondait. Nous sommes restés en contact et je lui ai envoyé « Sors de l’ombre ». Quinze jours plus tard, il m’a renvoyé le texte et je n’y ai pas touché car il nous correspondait à tous les deux. La phrase « Même si elle ne m’aime pas je resterais le même » définit bien son côté intègre et le mien aussi. On ne peut pas lutter contre soi-même. Pour moi, cet album, c’est ce que je devais faire. Plus j’avance, plus je respecte ce que j’ai à l’intérieur. Si je commence à fausser le chemin et à oublier la sincérité, ça va se répercuter. Ce disque est moins naïf et plus corsé que le précédent.

Tu as la particularité de chanter seul en jouant des percussions avec tes pieds.

J’ai un cajon, une percu péruvienne, au pied gauche. J’ai fait une tournée au Pérou et j’ai découvert que ce pays avait inventé le cajon avant que les groupes espagnols flamenco ne le ramènent. Et j’ai aussi un sampleur. Jusqu’à la fin de 2007, je vais être en tournée solo puis on abordera ensuite la tournée en groupe en trio ou à quatre, ce n’est pas encore décidé. On pourra retrouver la richesse des riffs présents sur album. Nous allons aussi moduler les versions et créer un vrai spectacle avec les deux disques, des reprises et des chansons qui ne sont sur aucun album mais que le public connaît.

A quoi penses-tu comme reprises ?

A The Cure. Mais je reprends un de leurs titres, j’essaierais d’apporter une touche personnelle. Ou peut être une chanson de Bashung. J’ai envie de nourrir le spectacle de chansons que j’aime. J’ai une reprise de « Porque Te Vas » qui fonctionne plutôt bien.
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